Fils d’ouvrier de la Lainière et enfant des quartiers populaires de Roubaix, NASSIM BOUKROUH est devenu en quelques années l’un des entrepreneurs les plus emblématiques d’un immobilier plus accessible, plus concret et plus collectif. Fondateur de l’Union des Marchands de Biens (UMDB) et P‑DG de Rebrick, il a bâti un écosystème qui permet à des personnes ordinaires de réaliser des opérations immobilières… même en partant de presque rien.
Au cœur de son histoire, il y a un symbole fort : le rachat et la réhabilitation des 60 000 m² de la Lainière, cette ancienne usine textile où travaillait son père. Une friche industrielle à l’abandon, devenue projet économique et social majeur pour Roubaix et Wattrelos.
Cet article retrace le parcours de Nassim Boukrouh, explique la méthode de l’UMDB et montre comment l’alliance entre action sur le terrain, financement innovant et communauté soudée peut transformer à la fois des bâtiments… et des vies.
Des origines modestes à une ambition XXL pour Roubaix
Un fils de la Lainière marqué par le déclin industriel
Né à Roubaix, Nassim Boukrouh grandit dans une famille ouvrière directement touchée par la crise du textile. Son père travaille toute sa vie à la Lainière, immense site industriel qui faisait battre le cœur économique de la ville, avant de fermer et de laisser derrière lui une friche, du chômage et un sentiment de vide.
Cette expérience forge profondément sa vision :
- il comprend très jeune que rien n’est acquis;
- il voit concrètement ce que représente la perte d’un outil industriel pour tout un territoire ;
- il nourrit le désir de reconstruire autrement, en s’appuyant sur l’entrepreneuriat et l’immobilier.
Pour lui, l’échec n’est pas une option. Il sait qu’il devra faire plus que les autres, plus vite, plus longtemps.
La débrouille comme première école : des stocks allemands aux premières ventes
Sur les bancs de l’école, Nassim s’ennuie. Il a du mal à rester assis des heures durant : ce qu’il aime, c’est l’action, le contact, le terrain. Très tôt, il se fait la main dans le commerce. Avec ses premières économies, il prend la route de l’Allemagne pour acheter des stocks en sortie d’usine, notamment dans l’habillement, qu’il revend directement aux particuliers.
Deux éléments clés ressortent de cette période :
- La vitesse: repérer une opportunité, se déplacer, négocier, acheter, revendre… en un minimum de temps.
- Le collectif: il ne part jamais seul ; il embarque des amis, délègue, fédère, coordonne.
Cette « école de la débrouille » lui démontre que l’on peut créer de la valeur sans capital considérable, à condition d’avoir de l’énergie, du culot et une vraie capacité à fédérer.
Du porte-à-porte à une entreprise de 150 salariés
Au lycée, Nassim choisit naturellement un BTS Immobilier. Il y découvre les bases techniques du secteur, mais surtout le plaisir du contact client. Son premier poste ?Commercial. Alors que ses collègues s’arrêtent pour déjeuner, lui continue à faire du porte-à-porte, sandwich à la main.
Il se fixe une règle simple : faire mieux que la veille. Cette discipline de travail intensif devient sa marque de fabrique. Il enchaîne les secteurs (vêtements, voitures, fenêtres…) avant de lancer, en 2009, sa première grande aventure entrepreneuriale :
- une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables;
- qui atteindra environ 150 salariés;
- et qu’il développe en travaillant jour et nuit, au point de s’installer une douche dans ses bureaux pour gagner du temps.
Cette expérience l’aguerrit à la gestion d’équipe, au pilotage de croissance et à la résolution de problèmes quotidiens. Elle prépare aussi le terrain pour la suite : utiliser l’immobilier comme levier de création de valeur à grande échelle.
UMDB : une méthode de marchand de biens qui casse les codes
La rencontre avec Hugo Legname et la naissance de l’UMDB
C’est avec Hugo Legname, ancien footballeur professionnel reconverti dans les affaires, que Nassim Boukrouh donne forme à une vision commune : permettre au plus grand nombre d’entrer dans le métier de marchand de biens sans disposer d’un capital important.
Ensemble, ils créent l’Union des Marchands de Biens (UMDB), une structure qui ne se définit pas comme une simple formation, mais comme :
- un modèle opérationnel basé sur le terrain ;
- un dispositif de financement pensé pour des personnes qui partent de zéro ou presque ;
- une communauté qui mutualise les compétences, les contacts et les opportunités.
Une méthode 100 % financement, sans apport ni crédit bancaire
La promesse de l’UMDB repose sur une méthode volontairement simple et très cadrée, conçue pour être répliquée :
- 100 % de financement des opérations par l’écosystème UMDB ;
- aucun apport personnel requis pour le membre ;
- zéro crédit bancaire à contracter en son nom ;
- pas ou peu de travaux, pour limiter la complexité et le risque technique ;
- des opérations bouclées en quelques mois, avec un objectif de rotation rapide.
Concrètement, le rôle du membre n’est pas de devenir promoteur ou maître d’œuvre, mais de se concentrer sur ce qui génère la valeur : trouver le bon bien, au bon prix, au bon endroit. L’UMDB et son réseau prennent ensuite le relais sur le financement et la revente.
Comment se déroule une opération type avec l’UMDB ?
Sans entrer dans le détail juridique de chaque montage, la logique générale d’une opération au sein de l’UMDB suit quelques grandes étapes récurrentes :
- Prospection terrain: le membre identifie un bien présentant un potentiel (bonne localisation, défaut d’exploitation, vendeur pressé, etc.).
- Analyse et validation: la team UMDB étudie le dossier, évalue les risques, la marge potentielle et décide d’y aller ou non.
- Financement à 100 %: si l’opération est validée, l’achat est financé sans apport du membre, ni recours à un crédit bancaire à son nom.
- Optimisation et revente: le bien est valorisé (division, changement d’usage, repositionnement, parfois travaux légers) puis remis rapidement sur le marché.
- Partage de la marge: la plus-value générée est partagée entre l’UMDB et le membre à l’origine de l’affaire.
Ce modèle repose sur une idée forte : industrialiser ce qui est répétable, mutualiser ce qui est coûteux et laisser au membre ce qui crée véritablement la marge: dénicher les opportunités.
Plus de 200 opérations et un réseau de 350 membres : ce que l’UMDB revendique
Des chiffres qui illustrent la puissance de la mutualisation
En quelques années, l’UMDB met en avant des résultats significatifs :
- plus de 200 opérations réalisées en 3 ans ;
- environ 200 000 m² achetés puis revendus ;
- un réseau d’environ 350 membres actifs en France, Belgique et Suisse.
Ces chiffres traduisent une réalité simple : en mutualisant le financement, l’expertise et les process, il devient possible de réaliser, en quelques années, un volume d’opérations qu’un individu isolé aurait du mal à atteindre sur toute une carrière.
Les bénéfices concrets pour les membres de l’UMDB
Pour un membre, les bénéfices potentiels du modèle UMDB sont multiples :
- Accès à des opérations sans capital de départ important: la barrière de l’apport et du crédit bancaire est fortement abaissée.
- Réduction des erreurs classiques de débutant: la validation des dossiers par une équipe expérimentée limite certains risques.
- Gain de temps: le membre se concentre sur la prospection, pendant que l’écosystème gère financement, structuration et revente.
- Effet de levier collectif: les contacts, partenaires et méthodes sont partagés au sein d’une communauté soudée.
- Apprentissage par la pratique: chaque opération est une source d’expérience concrète, bien plus formatrice qu’un simple cours théorique.
Le modèle ne promet pas un enrichissement facile ou garanti ; il repose sur un prérequis clair : la détermination et le travail du membre sur son secteur. Mais pour ceux qui s’impliquent réellement, il offre un cadre structuré pour passer de l’intention à l’action.
La Lainière : de friche industrielle à projet économique et social majeur
Un rachat hautement symbolique pour Nassim Boukrouh
Lorsque Nassim Boukrouh décide de racheter les 60 000 m² de la Lainière, il ne signe pas seulement une nouvelle opération immobilière. Il revient sur le lieu même où son père a travaillé, dans cette usine qui a marqué toute l’histoire de Roubaix.
Pour lui, la Lainière, c’est :
- un symbole personnel, lié à son histoire familiale ;
- un symbole territorial, celui d’une ville durement touchée par la désindustrialisation ;
- une démonstration grandeur nature de ce que peut accomplir une méthode basée sur l’action et la persévérance.
En s’attaquant à ce site emblématique, il affiche une ambition claire : montrer qu’une friche abandonnée peut devenir un moteur économique pour tout un territoire lorsqu’elle est repensée avec une approche entrepreneuriale.
Rebrick : redonner vie aux friches industrielles
Pour porter ce type de projets, Nassim crée et dirige Rebrick, une société spécialisée dans la réhabilitation de friches industrielles. Rebrick vient compléter l’écosystème UMDB en se positionnant sur des opérations plus lourdes, à fort impact urbain et économique.
Avec la Lainière, Rebrick illustre plusieurs axes clés :
- Valoriser l’existant plutôt que bétonner de nouveaux terrains ;
- Réinventer des sites industriels en pôles d’activités, de services ou d’entreprises ;
- Créer un projet porteur pour Roubaix et Wattrelos, en contribuant à redonner une utilité économique à un lieu longtemps perçu comme un symbole de déclin.
Ce type d’opération combine plusieurs dimensions : immobilière, patrimoniale, sociale, mais aussi émotionnelle, tant pour le fondateur que pour les habitants qui ont connu l’âge d’or du textile.
Un impact local qui dépasse l’immobilier pur
La réhabilitation de la Lainière s’inscrit dans une logique plus large : faire de l’immobilier un outil de régénération urbaine et économique. En redonnant vie à un site aussi important, le projet peut contribuer à :
- attirer des entreprises et des activités nouvelles ;
- générer de l’emploi direct et indirect ;
- renforcer l’attractivité de Roubaix et Wattrelos ;
- transformer l’image d’une friche en celle d’un campus économique vivant.
Là encore, Nassim Boukrouh applique sa philosophie : prouver par des résultats concrets que l’on peut reconstruire, même à partir d’un passé industriel difficile.
Un écosystème fondé sur le terrain, le concret et la communauté
« L’UMDB, ce n’est pas une formation, c’est du terrain »
Nassim résume souvent l’ADN de l’UMDB en une phrase : « ce n’est pas une formation, c’est du terrain, du concret et une communauté qui avance ensemble ».
Plutôt que de multiplier les modules théoriques, l’UMDB met l’accent sur :
- l’action: passer rapidement de l’étude à la prospection réelle ;
- l’accompagnement opérationnel: être présent au moment où les décisions se prennent ;
- la transparence: partager ouvertement les chiffres, les montages, les marges, les difficultés ;
- la communauté: encourager les échanges entre membres, le partage d’expériences et la coopération.
Cette approche attire un profil de membres varié : salariés en reconversion, entrepreneurs, indépendants, passionnés d’immobilier… tous réunis par la même envie de passer à l’action avec un cadre éprouvé.
Rebrick + UMDB : un continuum d’opportunités
Avec la création de Rebrick, l’écosystème imaginé par Nassim Boukrouh couvre désormais :
- des opérations rapides et réplicables via l’UMDB, centrées sur l’achat-revente à court terme avec peu ou pas de travaux ;
- des projets de réhabilitation de friches via Rebrick, plus structurants pour les territoires, plus complexes mais à fort impact potentiel.
Pour un membre, cela signifie évoluer dans un environnement où :
- les petites et moyennes opérations forment la base de l’activité et de l’apprentissage ;
- les grandes opérations emblématiques comme la Lainière servent de vitrine, d’inspiration et de preuve de concept.
Une expansion au-delà de Roubaix : de la France à l’international
Renforcer le maillage national
Après avoir ancré son modèle dans les Hauts-de-France et noué un réseau en France, Belgique et Suisse, Nassim Boukrouh affiche une volonté claire : densifier le maillage de l’UMDB sur tout le territoire.
L’objectif est de disposer, dans chaque secteur géographique, de membres capables de :
- prospecter activement leur zone ;
- repérer les biens sous-exploités ou mal valorisés ;
- constituer un flux continu d’opportunités pour l’écosystème.
Cette approche « décentralisée » s’appuie sur un principe simple : personne ne connaît mieux un territoire que ceux qui y vivent et y travaillent au quotidien.
Une présence dans plusieurs pays
L’ambition de Nassim Boukrouh et de l’UMDB ne s’arrête pas aux frontières françaises. Le modèle commence à s’exporter et à s’adapter à d’autres marchés, avec une implantation annoncée dans plusieurs pays :
- Belgique;
- Suisse;
- Maroc;
- Dubaï;
- Afrique du Sud;
- Canada.
L’idée n’est pas de recopier à l’identique le modèle français, mais d’en transposer les principes:
- pragmatisme et ancrage terrain ;
- financement structuré pour lever la barrière de l’apport ;
- communauté d’investisseurs et d’opérateurs qui s’entraident.
Chiffres clés : l’UMDB et l’écosystème de Nassim Boukrouh en un coup d’œil
| Indicateur | Valeur indicative | Commentaire |
|---|---|---|
| Surface de la Lainière rachetée | 60 000 m² | Ancienne usine textile emblématique de Roubaix |
| Opérations UMDB | + de 200 en 3 ans | Modèle d’achat-revente mutualisé |
| Surfaces achetées/revendues | Environ 200 000 m² | Volume cumulé revendiqué par l’UMDB |
| Membres de l’UMDB | Environ 350 | France, Belgique, Suisse et extension en cours |
| Entreprise précédente de Nassim | ≈ 150 salariés | Société créée en 2009 dans les énergies renouvelables |
Ce que les aspirants marchands de biens peuvent retenir du parcours de Nassim Boukrouh
1. Le capital le plus précieux au départ, ce n’est pas l’argent
Le parcours de Nassim montre qu’il est possible de partir :
- sans héritage ;
- sans réseau familial dans l’immobilier ;
- sans gros capital de départ.
Ce qui fait la différence, ce sont d’abord :
- la capacité à passer à l’action (la fameuse « dalle permanente ») ;
- la persévérance malgré les difficultés ;
- le goût du terrain et du contact direct.
2. Le collectif permet d’aller plus loin que l’individuel
Dès ses premières virées en Allemagne, Nassim comprend qu’on va plus vite seul, mais plus loin ensemble. L’UMDB et Rebrick prolongent cette intuition : en mutualisant les financements, l’expertise et les opportunités, on rend possibles des opérations qui seraient inaccessibles en restant isolé.
3. La méthode compte autant que la motivation
Avoir faim de réussite ne suffit pas ; encore faut-il une méthode claire, structurée, duplicable. Le modèle de l’UMDB repose justement sur des règles simples :
- des critères précis de sélection des biens ;
- un processus de validation et de financement défini ;
- un calendrier maîtrisé pour la revente.
Pour un aspirant marchand de biens, c’est une leçon précieuse : le succès repose sur un système autant que sur une énergie personnelle.
4. Les friches ne sont pas des problèmes, mais des opportunités
L’exemple de la Lainière illustre un changement de regard : ce qui est perçu comme une friche à l’abandon peut devenir, avec la bonne vision, un moteur de renaissance économique et sociale.
Rebrick s’inscrit dans cette logique : plutôt que de construire toujours plus loin des centres, il est possible de requalifier l’existant, de redonner du sens à des sites marqués par l’histoire industrielle.
5. On peut transformer une ville… et sa propre vie
En rachetant et en réhabilitant la Lainière, Nassim Boukrouh ne se contente pas de « faire une affaire ». Il réécrit une partie de l’histoire de sa ville et, par la même occasion, celle de sa famille.
Son parcours incarne une conviction forte :
Avec de l’audace, une méthode solide et une communauté soudée, il est possible de transformer une friche, une ville… et une vie.
Conclusion : l’immobilier comme levier de renaissance
De fils d’ouvrier de la Lainière à fondateur de l’UMDB et P‑DG de Rebrick, le chemin parcouru par Nassim Boukrouh est un concentré d’ambition, de travail et de fidélité à ses racines.
Son modèle démontre qu’un immobilier plus accessible, plus collaboratif et plus ancré dans le réel est possible. En combinant :
- une méthode 100 % terrain ;
- un système de financement pensé pour ceux qui partent de zéro ;
- et des projets de réhabilitation à fort impact comme la Lainière ;
il ouvre la voie à une nouvelle génération de marchands de biens, d’investisseurs et d’entrepreneurs prêts à bâtir autrement.
Pour celles et ceux qui rêvent de se lancer sans savoir par où commencer, l’histoire de Nassim Boukrouh envoie un message clair : avec de l’audace, du travail et la bonne méthode, l’immobilier peut devenir bien plus qu’un investissement : un véritable outil de transformation personnelle et territoriale.
