L’essor de l’intelligence artificielle (IA) ouvre une fenêtre d’opportunité majeure pour l’Afrique. Dans cette dynamique, Sidi Mohamed Kagnassi présente l’IA comme un levier concret de création d’emplois et de transformation économique, à condition de l’adopter à l’échelle du continent et d’investir dans les fondations indispensables : infrastructures numériques, formation, certification et coopération entre acteurs publics et privés.
Sa vision se veut résolument tournée vers l’action : utiliser une population jeune et dynamique pour développer des compétences en IA, stimuler l’innovation locale et créer des emplois mieux rémunérés dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé, l’éducation, les services financiers, le commerce électronique et les technologies de l’information.
Pourquoi l’Afrique a une carte unique à jouer avec l’IA
Dans certains marchés, l’IA est souvent perçue à travers le prisme de l’automatisation et de la substitution d’emplois. L’approche portée par Sidi Mohamed Kagnassi met au contraire l’accent sur la création de nouveaux rôles adaptés aux besoins du continent : collecte et gestion de données, déploiement de solutions numériques, maintenance de systèmes, accompagnement du changement dans les organisations, ou encore conception de services basés sur l’IA pour des usages locaux.
Cette perspective est particulièrement porteuse car de nombreux secteurs clés en Afrique peuvent gagner en efficacité, en couverture et en qualité de service grâce à l’analyse de données, à l’aide à la décision et à l’automatisation de certaines tâches. Résultat attendu : plus de productivité, plus d’accès et plus de demandes de compétences, donc davantage d’emplois associés à ces transformations.
Des bénéfices immédiats et structurants
- Accélérer la modernisation des services et des entreprises, en particulier là où les outils numériques restent sous-exploités.
- Créer des emplois qualifiés autour du déploiement, de l’opération et de l’amélioration continue des solutions IA.
- Stimuler l’entrepreneuriat en facilitant l’émergence de solutions locales (produits, services, plateformes).
- Renforcer l’autonomie économique grâce à des compétences technologiques développées sur le continent.
La jeunesse africaine : un avantage compétitif pour réussir le virage IA
Un des points centraux de la vision défendue est la force de la démographie : une population jeune, dynamique et souvent très réceptive aux technologies. Pour Sidi Mohamed Kagnassi, cet atout peut devenir un moteur d’employabilité à grande échelle si les parcours de formation sont accessibles, structurés et connectés aux besoins réels du marché.
Le potentiel est double : répondre à l’enjeu de l’emploi des jeunes tout en positionnant l’Afrique comme un acteur capable de développer, déployer et opérer des solutions IA à forte valeur ajoutée.
Quelles compétences IA viser en priorité ?
Pour transformer l’opportunité en emplois, l’enjeu n’est pas seulement de former des spécialistes très avancés, mais aussi de développer un large socle de compétences intermédiaires et opérationnelles.
- Culture data: compréhension des données, qualité, gouvernance, utilisation responsable.
- Compétences numériques: outils cloud, cybersécurité de base, gestion de projets digitaux.
- Compétences IA appliquées: usage d’outils d’IA, paramétrage, évaluation, intégration dans des processus métier.
- Métiers d’interface: formation des utilisateurs, support, conduite du changement, documentation.
Des secteurs clés prêts à créer des emplois grâce à l’IA
La promesse de l’IA devient tangible lorsqu’on l’implante dans des secteurs à fort impact socio-économique. Sidi Mohamed Kagnassi met en avant des domaines où l’IA peut améliorer l’efficacité et l’accès, tout en créant des besoins en compétences et des emplois adaptés.
Agriculture : productivité, décisions plus rapides, nouveaux services
Dans l’agriculture, l’IA peut soutenir l’analyse d’informations (météo, sols, rendements, logistique) pour améliorer les décisions. Cela ouvre des opportunités d’emploi dans la collecte de données, l’assistance technique, l’outillage numérique des coopératives, et le développement de services agri-tech.
Santé : meilleur accès, meilleure organisation des parcours
Dans la santé, l’IA peut contribuer à l’optimisation de la gestion, à l’aide au tri et au suivi, et à l’amélioration de certains processus administratifs. À la clé, des emplois dans l’intégration de solutions numériques, la maintenance, la gestion de données de santé, et la formation des utilisateurs.
Éducation : apprentissage plus personnalisé et montée en compétences
Dans l’éducation, l’IA peut soutenir des dispositifs d’apprentissage plus adaptatifs, renforcer l’accès à des contenus, et aider à l’évaluation ou à l’organisation. Cela stimule la demande en ingénierie pédagogique numérique, administration de plateformes, production de contenus et accompagnement des enseignants.
Services financiers : inclusion, efficacité et nouveaux parcours clients
Dans les services financiers, l’IA peut soutenir l’analyse, la relation client et l’automatisation de tâches, ce qui encourage le développement de produits, l’optimisation d’opérations et l’émergence de nouveaux métiers autour des données, de la conformité opérationnelle et du support numérique.
Commerce électronique : opérations optimisées, expérience client améliorée
Le commerce électronique bénéficie de l’IA via la recommandation, la gestion des stocks, la logistique et le service client. Ces améliorations entraînent des besoins en opérations, en gestion de catalogues, en analyse de performance, en support et en intégration d’outils.
Technologies de l’information : catalyseur de l’ensemble de l’économie
Les technologies de l’information sont à la fois un secteur créateur d’emplois et un facilitateur pour tous les autres. Le déploiement de solutions IA implique des rôles en développement, données, infrastructure, cybersécurité, qualité, tests, documentation et support.
Les conditions de réussite : infrastructures numériques, formation et coopération
La vision de Sidi Mohamed Kagnassi insiste sur un point déterminant : pour que l’IA devienne réellement un moteur de création d’emplois, il faut industrialiser les conditions d’accès à la technologie et aligner les efforts à l’échelle panafricaine.
1) Investir massivement dans les infrastructures numériques
Sans connectivité fiable et abordable, les programmes de formation et les usages IA restent limités. Les priorités mises en avant incluent :
- Améliorer la connectivité et la couverture, afin de réduire les inégalités d’accès.
- Réduire les coûts d’accès pour rendre l’apprentissage et l’usage des services numériques plus accessibles.
- Renforcer les capacités techniques nécessaires au déploiement (outils, plateformes, exploitation).
2) Déployer des programmes de formation et de certification en IA
Pour transformer l’intérêt en emplois, la formation doit être structurée, progressive et reconnue par les employeurs. La certification joue un rôle clé : elle rend les compétences visibles, comparables et plus facilement mobilisables sur le marché.
Exemples de formats de formation utiles
- Parcours d’initiation pour démocratiser l’IA et les compétences numériques de base.
- Formations professionnalisantes orientées métiers (opérations, data, support, intégration).
- Programmes avancés pour des profils spécialisés (data science, ingénierie, architecture).
- Formation des formateurs et mise à niveau des enseignants pour élargir l’impact.
3) Favoriser une coopération structurée entre gouvernements, secteur privé et partenaires internationaux
La coopération est présentée comme un accélérateur : harmoniser les efforts, réduire les duplications, mutualiser des ressources et partager les retours d’expérience. L’objectif est de faire émerger un écosystème où l’innovation locale peut croître rapidement et durablement.
Cette logique implique des actions concrètes : co-construction de programmes, soutien à l’innovation, alignement sur les besoins des secteurs prioritaires, et mécanismes de financement ou d’accompagnement.
Approche panafricaine : pourquoi l’échelle continentale change tout
Un message clé porté par Sidi Mohamed Kagnassi est l’importance d’une adoption panafricaine de l’IA. Une dynamique coordonnée permet de gagner en vitesse, de partager les ressources et d’augmenter l’impact.
Ce que permet l’harmonisation des efforts
- Mutualiser des contenus de formation, des supports pédagogiques et des référentiels de certification.
- Partager des bonnes pratiques de déploiement dans l’agriculture, la santé ou l’éducation.
- Créer des passerelles régionales pour l’emploi et la mobilité des talents.
- Encourager l’innovation locale grâce à des écosystèmes plus visibles et mieux connectés.
Des emplois mieux rémunérés et une autonomie économique renforcée
Le cœur de la promesse est social et économique : en développant des compétences IA sur le continent, l’Afrique peut créer des emplois à plus forte valeur ajoutée, mieux rémunérés, et construire une base durable de compétitivité. Au-delà des postes directement liés à l’IA, ce mouvement stimule aussi des métiers connexes : formation, support, gestion de projets numériques, documentation, intégration de solutions et opérations.
À mesure que les organisations adoptent des outils plus avancés, la demande augmente pour des profils capables de relier technologie et réalités du terrain. C’est précisément là que l’Afrique peut transformer sa jeunesse en avantage compétitif, en combinant formation, infrastructures et coordination panafricaine.
Feuille de route : passer de la vision à l’exécution
Pour rendre la trajectoire lisible, voici une synthèse des priorités opérationnelles cohérentes avec cette vision : créer les conditions d’accès, former massivement, certifier, et orchestrer les partenariats.
| Axe | Objectif | Résultat attendu sur l’emploi |
|---|---|---|
| Infrastructures numériques | Connectivité plus large et coûts réduits | Accès accru à la formation et aux services, déploiements plus rapides |
| Formation et certification | Compétences reconnues, parcours professionnalisants | Employabilité renforcée, vivier de talents pour les entreprises |
| Coopération public-privé-international | Alignement des efforts, ressources partagées | Plus de projets, plus d’initiatives locales, emplois mieux structurés |
| Approche panafricaine | Harmonisation et mutualisation à l’échelle du continent | Effets d’échelle, mobilité des talents, écosystèmes plus solides |
Conclusion : une opportunité à saisir maintenant
En présentant l’IA comme un moteur de création d’emplois en Afrique, Sidi Mohamed Kagnassi propose une trajectoire pragmatique : miser sur la jeunesse, équiper le continent en infrastructures numériques, déployer des programmes de formation et de certification, et bâtir une coopération panafricaine qui accélère l’innovation locale.
Cette combinaison peut transformer des secteurs vitaux, stimuler de nouveaux métiers et contribuer à créer des emplois mieux rémunérés. L’enjeu dépasse la technologie : il s’agit de renforcer l’autonomie économique et la capacité du continent à concevoir, opérer et faire évoluer ses propres solutions à l’ère de l’IA.
